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Gloria & Horror

Horror : Gaillac, une appellation qui désespère franchement ! (21/11/01)

Horror : Gaillac, une appellation qui désespère franchement ! (21/11/01)

Malgré (ou à cause) un encépagement très varié - il va de la syrah au cabernet, du sémillon au mauzac -, malgré une palette sans fin - des rouges aux liquoreux en passant par le mousseux -, malgré quelques locomotives qualitatives Gaillac donne un exemple éclatant des travers actuels du système des appellations contrôlées.

Une récente dégustation m’a permis de goûter une cinquantaine de vins : un échantillon suffisamment représentatif pour se faire une opinion d’ensemble. Las ! Hormis quatre à cinq vins le bilan est effarant de médiocrité.

Les rouges sont le plus souvent raides et sans grâce. Parfois, on les passe dans le bois, cela ne fait que mettre davantage en valeur les manques de maturité. De temps à autre, on rencontre un vin de gamay simple et fruité, presque toujours d’une grande dilution.

En blanc, le constat est aussi amer : vins secs sans substance ni élégance aromatique, moelleux plats et sans profondeur. Peu de vins mal faits, mais presque toujours des vins sans plaisir et sans intérêt.

Aucun de ces vins ne mérite de recevoir le label d’une appellation contrôlée. Mais dans un système "autogéré" où personne n’osera taper du poing sur la table, tous ont droit à ce viatique supposé défendre la supériorité des vins français sur le reste du monde. Que l’on ne s’étonne pas alors que le public, qui n’a pas ces œillères, ne suive pas.

Thierry Desseauve

MARS 2002
GAILLAC : beaucoup de producteurs se contentent de produire à petit prix et à partir d’un encépagement hétéroclite des vins de toutes couleurs, loyaux et marchands, mais sans caractère. On peut le regretter car sur les deux rives du Tarn il y a la possibilité en se disciplinant davantage et en adoptant une viticulture plus sélective de produire des vins épatants. Sur la rive gauche les terrasses graveleuses et le sols de boulbènes sont favorables particulièrement vers l’Isle sur le Tarn à la production de vins rouges de qualité mais on y a curieusement préféré le gamay, le brocol ou le Duras, qui donnent des vins trop souples. Mais le vrais grands terroirs se trouvent sur la rive droite et ses magnifiques coteaux argilo-calcaires qui se prolongent sur le plateau de Cordes. Un vinificateur adroit donnera un vin que je ne soupçonnais pas, un vin d’une ampleur aromatique des plus intéressantes avec de réelles possibilités de garde.

Note importante : Ni Monsieur Desseauve, ni Monsieur Bettane ont dégusté les vins de Château Maresque.